Une stratégie de marketing digital ne se résume ni à publier sur les réseaux sociaux ni à acheter des publicités. Elle consiste à choisir les publics à atteindre, la proposition à leur adresser, les canaux à mobiliser et les résultats à suivre.
Voici une méthode pour construire un plan exploitable, que sa mise en œuvre soit confiée à une équipe interne, à un partenaire externe ou aux deux.
1. Partir d’un objectif commercial
Pour la période de planification, retenez un résultat prioritaire : obtenir des contacts commerciaux qualifiés sur un nouveau marché, augmenter les ventes en ligne ou fidéliser davantage de clients, par exemple. Précisez la situation de départ, la cible, l’échéance et la personne responsable.
Décrivez ensuite les étapes qui relient les actions marketing au résultat attendu. Pour un prestataire B2B, il peut s’agir des demandes reçues, des contacts qualifiés, des propositions envoyées puis des nouveaux clients. Pour un commerce en ligne, les achats, le montant des commandes et les achats répétés peuvent être plus utiles. Fixez les objectifs à partir des données et des capacités de votre organisation, plutôt qu’en appliquant une référence générique.
Choisir les indicateurs avant le lancement
Distinguez les signaux intermédiaires, comme les visites ou les demandes, des résultats commerciaux. Mettez-vous d’accord avec l’équipe commerciale sur la définition d’un contact qualifié et consignez la période, les coûts et la source de chaque indicateur. Les événements recommandés par Google Analytics donnent un exemple de suivi allant de la demande initiale à la qualification et à la conversion. Leur mise en place dépend des outils et données disponibles.
2. Comprendre les publics et leur parcours
Appuyez-vous sur les entretiens clients, les échanges commerciaux, les questions adressées au support, vos données existantes et des études de marché fiables. Regroupez les publics selon des différences utiles : besoin, rôle dans la décision, marché ou processus d’achat. Un persona imaginé ne remplace pas une vérification auprès des personnes concernées.
Pour chaque segment prioritaire, notez le problème principal, les solutions envisagées, les objections, les informations recherchées et l’action attendue. À l’international, vérifiez si la langue, les habitudes d’achat, la devise ou les attentes locales imposent d’adapter le message et les moyens de contact.
3. Examiner l’existant avant d’investir davantage
Passez en revue le site, les pages de destination, la présence dans les moteurs de recherche, les communications par e-mail, les profils sociaux, les données de mesure et la transmission des demandes à l’équipe commerciale. Repérez les formulaires défaillants, les offres peu claires, les informations périmées et les questions restées sans réponse. L’observation du positionnement public des concurrents peut nourrir la réflexion, sans garantir que leurs choix conviendront à votre organisation.
Testez les pages importantes sur mobile et au clavier ; examinez aussi la lisibilité, les contrastes et les libellés des formulaires. Le dossier du W3C sur l’intérêt de l’accessibilité numérique explique comment la suppression des obstacles peut aider à toucher et à servir davantage de personnes.
4. Donner un rôle précis à chaque canal
Retenez un nombre limité de canaux adaptés au public, à l’offre et aux ressources disponibles. Pour chacun, définissez sa contribution et la manière de l’évaluer :
- Recherche et contenus utiles : répondre aux questions des publics et rendre les pages pertinentes plus faciles à trouver. Les recommandations de Google sur les contenus utiles privilégient les contenus conçus pour les lecteurs plutôt que pour manipuler les classements.
- Publicité payante : tester une offre ou atteindre un public défini avec un budget maîtrisé. Évaluez la qualité des actions obtenues, pas seulement les clics.
- E-mail et communications clients : proposer un suivi ou des informations de fidélisation pertinentes aux personnes que vous pouvez contacter de manière appropriée.
- Réseaux sociaux et partenariats : diffuser des analyses utiles, participer aux échanges pertinents ou toucher des publics par l’intermédiaire de collaborateurs. Précisez qui gère la relation et comment les mises en relation seront suivies.
Chaque canal doit conduire vers une étape claire : consulter une offre, acheter ou prendre contact. Assurez-vous également que l’équipe chargée des réponses dispose de la capacité nécessaire.
5. Prévoir le budget et la mesure
Chiffrez l’ensemble du dispositif : achat média, production de contenus et de créations, outils, temps des équipes ou des prestataires, et travaux sur les pages ou les systèmes. Réservez une enveloppe aux tests et définissez qui peut modifier le budget. Avec des moyens limités, mieux vaut commencer par un public prioritaire et un ou deux canaux que disperser les efforts.
Prenons un exemple fictif : une campagne coûte 6 000 dans une même devise, frais de production et achat média convenus compris, et génère 30 contacts qualifiés. Le coût par contact qualifié est de 200. Si six de ces contacts deviennent ensuite clients, le coût d’acquisition par client pour cette cohorte suivie est de 1 000. Ces montants ne sont pas des références de marché. Avant toute comparaison, précisez les coûts inclus, la période et la méthode d’attribution. Le calcul ne démontre ni la rentabilité ni le fait que chaque vente a été causée par la campagne.
Avant le lancement, vérifiez les formulaires et les événements importants, utilisez des identifiants de campagne cohérents et rapprochez, lorsque c’est possible, les données marketing des données commerciales ou transactionnelles. L’attribution répartit le crédit selon un modèle ; elle ne démontre pas à elle seule un lien de causalité. Si le volume et les moyens le permettent, comparez un groupe exposé à la campagne à un groupe témoin approprié non exposé. L’explication de Google sur les tests d’incrémentalité montre comment estimer les résultats supplémentaires qui ne se seraient pas produits autrement. Avec peu de données, considérez les résultats comme indicatifs.
6. Intégrer la confidentialité et la gouvernance
Documentez les données collectées, leur utilité, les personnes qui y ont accès et leur durée de conservation. Avant d’activer les campagnes, examinez le suivi, les choix de consentement, les autorisations de prospection et les accords avec les prestataires pour chaque marché concerné. À titre d’exemple, le régulateur britannique publie des orientations sur les technologies de stockage et d’accès, dont les cookies et autres technologies de suivi. Les exigences varient selon les territoires : faites-vous conseiller localement au besoin plutôt que de supposer qu’un dispositif unique convient partout.
7. Organiser les 90 premiers jours
- Jours 1 à 30 : établir les données de référence, interroger les parties prenantes, choisir un public prioritaire, examiner le parcours et répartir les responsabilités de mesure.
- Jours 31 à 60 : améliorer la page de destination, lancer un test limité, vérifier la collecte des données et examiner la qualité des demandes avec l’équipe qui les traite.
- Jours 61 à 90 : comparer les résultats à la situation de départ, examiner les coûts et les données manquantes, puis décider des actions à améliorer, poursuivre, suspendre ou retester.
Prévoyez une revue régulière et consignez les hypothèses, responsables, budgets, résultats et décisions. Pour une vente longue, les premiers 90 jours peuvent surtout révéler la qualité des contacts et l’évolution des opportunités, sans encore montrer tous les clients acquis.
Choisir les modalités de collaboration
Déterminez ce qui restera en interne et ce qui nécessite un appui extérieur. Demandez aux partenaires potentiels un périmètre, des livrables, une répartition des responsabilités, une fréquence de reporting et un processus de validation. Distinguez clairement leurs honoraires du budget publicitaire. Prévoyez aussi la propriété du site, des contenus, des comptes et des données, les droits d’accès et les modalités de transfert en fin de mission.
Altweeb propose notamment des services de marketing digital, de développement logiciel et de produits numériques, de conseil technologique, d’automatisation par l’IA et de gestion de la réputation en ligne. Selon le périmètre convenu, ces domaines peuvent être envisagés conjointement lorsqu’une action marketing nécessite aussi de faire évoluer une expérience numérique ou un processus métier. Les besoins précis et les responsabilités doivent être définis avant la mission.
Conclusion
Une stratégie utile relie un objectif commercial à un public identifié, à des canaux maîtrisables, à un budget réaliste et à un dispositif de mesure. Commencez par un test ciblé, partagez les résultats avec les décideurs et ajustez le plan à mesure que les données deviennent plus solides.
Pour approfondir ce sujet, découvrez aussi Conseil en marketing digital.
Ajouter une contribution